dimanche 12 juillet 2015

Nature morte à Giverny - Renée Bonneau



Nature morte à Giverny
Renée Bonneau
Édition Nouveau monde, 2015
217 pages

 
   Genre(s) : Policier
 
 

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Merci à
et aux éditions 
http://www.nouveau-monde.net/
 

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Résumé :
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Giverny, été 1908. Claude Monet se rend aux aurores devant le bassin aux nymphéas qui jouxte sa maison de Giverny, afin de mettre tes dernières touches à son tableau. Mais l'eau de l'étang a pris une teinte rose qu'elle n'avait pas la veille... Inquiet, le peintre s'approche. Et c'est horrifié qu'il découvre, flottant parmi les nénuphars, le corps d'une jeune fille : Ophélia, la fille de son ami japonais, un amateur d'art, venu en visite. Qui a pu commettre un tel acte ? Un rôdeur ? Un des jardiniers chargés de l'entretien du domaine ? Ou bien faut-il chercher du côté dé l'hôtel Baudy, où se sont installés pour l'été de jeunes peintres américains venus à Giverny dans l'espoir de rencontrer le Maître ? Duquel d'entre eux ou des autres pensionnaires Ophélia s'est-elle attiré la haine et le désir de vengeance ? C'est ce que Louis Berflaut, inspecteur de la Sûreté, appelé en renfort dans cette affaire, va tâcher de découvrir. Cette intrigue, subtilement nouée, évoque l'ambiance des romans d'Agatha Christie, dans la peinture d'une société élégante qui fomente en secret des passions de toute nature.
 
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Mon avis :
 
Je suis amoureuse du travail de Claude Monet et j'ai eu la chance de visiter sa maison à Giverny pour mes 20 ans (donc il y a une éternité, oui ma crise des 24 ans n'est pas encore passée, si ça vous gonfle vous me le dites =D) et quand ce titre a été proposé par Babelio lors d'une Masse critique je me suis directement jetée dessus, et sans être un coup de cœur (comme j'avais pu avoir avec "Nymphéas noirs", un autre livre prenant place à Giverny, par exemple) cela été un très bonne découverte !

Malgré sa perte de vue Claude Monet continue de travailler sur sa série des "Nymphéas", ses yeux l’empêchent d'avancer comme il le voudrait, son humeur s'en ressent et les jeunes peintres américains s'étant établis dans le village dans l'espoir de travailler avec lui ne font que renforcer son agacement.
Seul son ami M. Hakasuko qui lui a fait découvrir l'art japonais est le bienvenue chez lui, il est accompagnée de sa fille Ophélia, qui a un caractère bien trempé et qui se rapprochera très vite de la bande d'américains, elle va se faire des amis mais surtout des ennemis, et finira par être retrouvée morte quelques temps plus tard dans le bassin des Nymphéas...

Ce roman est découpé en deux parties, la première nous permet de bien connaître les personnages, et de comprendre les relations qui les unissent, puis la seconde se concentre vraiment sur l'enquête autour de la mort d'Ophélia. 
A première vue cela peut sembler court pour boucler l'intrigue mais au contraire j'ai trouvé cela très bien dosé, dès le départ on commence à soupçonner les uns et les autres, on voit les foudres qu'Ophélia peut s'attirer, on mène l'enquête tout seul comme un grand (ou comme une nouille pour ma part car je me suis complètement plantée sur l'identité du tueur !) mais pas que, car si j'ai apprécié de me prendre pour la Sherlock Holmes du pauvre et de découvrir les motivations des meurtriers potentiels j'ai aussi aimé suivre les personnages qui apparaissent dans cette histoire et plus particulièrement l'héroïne, Ophélia, qui est est un personnage vraiment intéressant, elle a son franc parler, elle est féministe, elle est indépendante, elle est touchante pour son amour non réciproque envers Elizabeth, elle manque parfois cruellement de délicatesse c'est sur mais c'est le genre d'héroïne que j'aime suivre, et même si je savais quel sort lui était réservé, la voir se faire tuer m'a fait un petit coup au cœur.
Les autres personnages sont aussi plutôt bien construits, que ce soit les peintres en herbe opportunistes et assez tête à claques; Elizabeth, mariée à l'un d'entre eux, malheureuse et pas au bout de ses peines qui va s'illuminer au contact d'Ophélia, ou encore Claude Monet lui même qui est comme je l'imaginais, bien bougon mais qui peut aussi être adorable !
Bref, les figures sont variées et agréables à suivre et même s'il n'y avait pas eu d’enquête policière regarder vivre cette petite galerie de personnages dans le village m'aurait plu !

L'auteure profite aussi de ces personnages pour intégrer certains sujets à son livre, comme la condition féminine; à travers Ophélia, Elizabeth ou bien Irène une autre femme du roman, elle aussi malheureuse en mariage qui n'a pas l'air de se marrer tous les jours aux côtés de son mari militaire crispé et autoritaire; mais aussi l'homosexualité, avec Ophélia qui ne tarde pas à tomber amoureuse d'Elizabeth et rejette les hommes qui essaient de se rapprocher d'elle, ce n'est pas l'aspect de l'histoire le plus mis en avant mais c'est cool de suivre une héroïne attirée par les femmes dont le caractère est aussi bien traité !

La seconde partie du livre est un poil plus classique, l'inspecteur Berflaut passe l'endroit au peigne-fin, interroge les personnages, démêle le vrai du faux, un premier suspect est arrêté puis disculpé et ainsi de suite, c'est classique donc mais cela reste efficace, pas de grands retournements de situations sortis d'on ne sait où mais une enquête réaliste et bien menée, j'ai une petite préférence pour la première partie mais je suis satisfaite du dénouement de l'enquête et de voir aussi ce que la mort d'Ophélia a pu provoquer comme changement chez certains, notamment chez Elizabeth, même si on ne s'étend pas dessus, au moins les personnages ne sont pas laissés de côté et ont leur fin à eux.

Une histoire bien faite que ce soit pour l'intrigue policière ou pour le reste, un personnage principal excellent, un cadre magnifique dans lequel on se projette sans problème et des thèmes intelligemment utilisées, il ne n'en fallait pas plus pour passer un très bon moment, merci à Babelio et aux éditions du Nouveau monde pour cette jolie découverte.
 

Ma note :
 

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