lundi 24 août 2015

Je n'irai pas chez le psy pour ce con ! - Isabelle Alexis




Je n'irai pas chez le psy pour ce con !
Isabelle Alexis

Édition J'ai lu, 2010
250 pages


Genre(s) : Chick-lit, Policier

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Résumé :
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Alors que Juliette venait pour un entretien d'embauche à la télévision, elle est interviewée à la place de Loren, romancière qui devait présenter son deuxième livre. Amusées par la situation, Juliette et Loren tombent dans les bras l'une de l'autre et passent la nuit ensemble. Mais le lendemain, Juliette tue accidentellement Franck, son petit ami dealer, et un témoin fait chanter les deux amantes.
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Mon avis :
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Voila un titre de chick-lit que j'ai déjà lu il y a plusieurs années, que j'avais bien apprécié, et que j'avais mis sur ma liste des livres à relire un jour, et c'était une connerie ! Je me demande vraiment ce que j'avais aimé dans ce livre lors de ma première lecture...

Juliette est une fille un peu paumée, elle vit avec son copain possessif, macho, violent, qui l'humilie 30 fois par jour et qui deale de la drogue (en bref, c'est un gros pignouf qui mérite des coups de pelle dans la tronche), et elle galère à trouver un travail jusqu'à ce qu'on lui propose un entretien pour un poste à la télévision. Loren au contraire mène la carrière qu'elle souhaite, elle vient de boucler son troisième livre et est sur le point de passer dans une émission pour en faire la promo. L'entretien de la première et l'interview de la seconde se déroulent au même moment, les deux femmes se croisent et par erreur l'une se retrouve à la place de l'autre... Après ce moment gênant elles finissent par nouer une amitié ambiguë et quand Juliette finit son taré de mec en lui fracassant le crâne, elle appelle Loren à l'aide pour se débarrasser du corps.

Je suis un peu de mauvaise foi dans mon intro, on croirait que je n'ai rien aimé et ce n'est pas tout à fait vrai, le début du bouquin est plutôt potable le quiproquo qui lance l'histoire de Loren et Juliette est plutôt amusant, même s'il n'est pas franchement original, au moins cela passe et cela a le mérite de faire sourire même si on comprend vite que Juliette est une belle cruche.
Après par contre cela devient le boxon, autant pour les réactions des personnages que pour l'histoire.

Que Loren et Juliette passe l'éponge sur leur mésaventure, d'accord, qu'elles aillent boire un café et s'entendent bien, ok, que Juliette s’incruste chez Loren, squatte sa baignoire et finisse dans son plumard (et pas seulement pour faire un petit somme alors que Loren n'a de toute évidence aucun penchant lesbien), là cela commence à devenir n'importe quoi mais passons, que Juliette après avoir dézingué son petit-ami et pour se sortir de cette mouise en planquant le corps de son cher et tendre fasse appel à Loren qui accepte, euh... nan ?! Enfin personnellement quand je viens de me faire une nouvelle copine, je ne lui propose pas d'aller jouer avec un macchabée ! (Et puis si une nana que je connaissais depuis une demie heure me demandait un truc pareil je l'enverrai bouler) (A la rigueur j'accepterai pour ma meilleure amie) (Enfin si elle pouvait éviter ce serait aussi bien !) (Quoi que, des deux c'est moi la plus tarée donc ce serait plus à elle de se méfier !) Bref à moins d'être un brin psychopathe, la réaction de Loren n'est pas du tout crédible, Juliette était une parfaite étrangère la veille, rien ne dit qu'elle ne va pas désosser quelqu'un d'autre et Loren a une vie bien installée qu'elle pourrait démolir en étant complice (parce qu'à moins que je me trompe, aider quelqu'un à enterrer la victime d'un meurtre n'est pas très légal !), à moins que Loren ne soit vraiment très serviable, son comportement me laisse perplexe.

Mais même si les personnages sont très mal foutus et que leurs réactions ne sont pas franchement réalistes, l'intrigue n'est pas mieux construite, une fois que les héroïnes ont accompli leur besogne dans la forêt, elles essaient de continuer leurs vies mais découvrent très vite que quelqu'un les a vu faire du jardinage avec de l'engrais humain (c'est marrant de constater qu'à chaque fois qu'un personnage de série, de film, ou de bouquin enterre un corps dans une forêt il se fait tout le temps remarquer, soit c'est un cliché usé jusqu'à la corde, soit certains sont adeptes du jogging en pleine nuit, je ne sais pas !), bref un corbeau les fait chanter et en plus une enquête est lancée quant à la disparition du petit-ami de Juliette, théoriquement on devrait sentir l'étau se resserrer peu à peu mais c'est tellement mou que je n'ai adhéré à aucun moment, les rebondissements sont visibles des plombes avant qu'ils ne se produisent, les deux filles sont tellement peu attachantes que je me fichais de savoir si elles allaient atterrir en prison, l'identité du corbeau ne m'intriguait aucunement, et il y a des longueurs à s'en arracher les cheveux et je dois dire qu'au bout d'un moment j'en avais assez, autant de l'histoire que des personnages, et je voulais juste arriver à la fin pour passer à autre chose donc j'ai finis par ne lire qu'une phrase par page et j'ai remarqué que je n'étais pas du tout larguée, ce qui prouve bien qu'on s'attarde sur des détails qui ne servent à rien, que l'histoire s'étire à l’extrême et que tout cela ne fait office que de remplissage !
Et le pompon c'est que la fin est d'une facilité grotesque, tout s'arrange comme par magie, et on peut dire que le hasard fait bien les choses (ou que l'auteure manque cruellement d'imagination), l'enquête policière et le mystère de l'identité du corbeau ne cassent pas des briques mais alors leur résolution est vraiment bâclée et simpliste, c'est balancé vite fait mal fait et puis voila fin de l'histoire, il fallait trouver une conclusion donc on a foutu ça comme ça et basta ! Je n'attendais pas de miracle mais là c'est vraiment la solution pour ne pas se casser les nénettes et pour dire que le livre a une fin, si le livre m'avait plu ce dénouement me serait resté en travers de la gorge, là je n'ai pas aimé et j'ai eu un petit rictus en voyant ce foutage de pomme final !

Je n'en ai pas encore parlé mais j'ai aussi trouvé la relation liant Loren et Juliette très mal exploitée, rien ne dit que les deux soient lesbiennes ou bisexuelles mais elles couchent ensemble, autant pour Juliette cela ne m'a pas posé problème parce que c'est elle qui démarre cette histoire donc cela ne doit pas être sa première expérience mais Loren n'a l'air d'avoir eu des liaisons qu'avec des hommes et pourtant elle ne s'interroge jamais quant à leur relation ou à sa sexualité, si c'était "naturel" chez elle d'avoir envie de cela je comprendrai et il n'y aurait pas besoin de le justifier mais on ressent surtout de la réticence venant d'elle et du coup cela m'a mise mal à l'aise.
Après sa méfiance du début, Loren finit par appeler Juliette "ma chérie", elles se tiennent la main et agissent comme si elles s'aimaient (pas sure que ce soit vraiment le cas...), puis trois pages après elles se comportent comme deux amies et rien plus, puis cinq pages après Loren parle de Juliette comme de son boulet, puis elles agissent de nouveau en amoureuses, bref c'est à n'y rien comprendre et leur instabilité m'a très vite fatiguée.

A par les premières pages je ne vois rien à sauver dans ce livre, ce n'est ni drôle, ni prenant ni rien, c'est vide, lassant, énervant même et je ne comprends définitivement pas ce qui m'avait convaincue lors de ma première lecture !
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Ma note :
 

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