jeudi 8 septembre 2016

Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants - Xiaolu Guo




Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants
Xiaolu Guo

Édition Pocket, 2012
Traduit par Karine Laléchère
  374 pages

Genre(s) : Contemporain
 
 
 
 
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Résumé :
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Quand la jeune héroïne chinoise de ce roman arrive à Londres afin d'y apprendre l'anglais, envoyée de Wenzhou par ses parents ambitieux, elle commence par perdre les roues de sa valise Made in China, puis son nom ! Zhuang Xiao Qiao se transforme en Z car, ainsi qu'elle l'explique dans un anglais impossible, moi pas prononçable ! ". Armée de son anglais fastidieux, souvent exécrable mais toujours craquant - et de son dictionnaire bilingue - Z arpente les rues de Londres et fréquente ses cinémas. C'est d'ailleurs là qu'elle rencontre l'homme qui deviendra son amant, un quadra désabusé du quartier de Hackney et à sa grande horreur (surtout pour une fille de paysans chinois amateurs de viande de porc), végétarien ! Leur amour triomphera-t-il des nombreuses oppositions entre un Anglais et une jeune Chinoise ? Saura-t-il dépasser les malentendus infinis mais cocasses nés des innombrables fautes d'anglais de la jeune femme ?.. Roman d'initiation attachant et drôle écrit dans un anglais de débutante, ce Petit Dictionnaire chinois-anglais pour amants est le journal intime et sentimental d'une Orientale candide et ironique, à la fois épatée et déboussolée par les travers de l'Occident. Mais c'est également un lexique romanesque, impétueux, grave et aigre-doux, à l'image de Z, qui éclaire d'une lumière nouvelle les paradoxes de la globalisation.
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Mon avis :
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Si vous lisez régulièrement mes chroniques vous savez peut-être que je ne suis plus trop chick-lit maintenant et j'ai même fait un tri dans ma pile à lire pour virer la plupart des titres du genre ou de ce qui s'en rapproche, mais j'ai gardé celui là qui m'inspirait assez pour le coté "dépaysement". 
 
Zhuang est une jeune chinoise fraîchement arrivée à Londres, elle parle très mal anglais, ne connaît pas les coutumes occidentales et est totalement perdue dans ce nouveau pays. Ses premiers jours sont partagés entre les cours de langue et ses séances de cinéma où elle rencontre un sculpteur anglais avec lequel elle débute une histoire.

Bon, même si les chroniques négatives (parce que celle ci va l'être) ne me donnent généralement pas de mal, là je ne sais pas trop par quel bout attraper le boudin, j'ai pas mal à dire (en mal) sur les deux personnages mais l'histoire m'a laissée complètement indifférente, pendant les premiers moments de Zhuang en Angleterre, l'histoire n'est pas fabuleuse mais au moins elle se laisse suivre, elle découvre les premières différences entre la culture chinoise et la culture anglaise donc pourquoi pas, mais après cela devient vite répétitif, une fois Zhuang en couple avec son anglais on se contente d'observer les différences entre leurs manières de vivre, c'est bien mignon mais cela n'avance pas, l'anglais (qui n'a pas de nom) ne cherche même pas à en apprendre sur la culture de sa petite-amie et Zhuang passe son temps à faire des commentaires (pas franchement flatteurs) sur les habitudes occidentales, cela pourrait être enrichissant pour eux deux mais l'un s'en fout et l'autre reste sur ses préjugés, formidable comme dépaysement (non) et très profonde cette histoire d'amour (non).
Le livre essaie de trouver un second souffle dans la seconde partie quand Zhuang part visiter d'autres pays d'Europe, mais là encore c'est le festival des clichés, du moins sur la France car je ne peux pas juger pour les autres (mais je pense que les stéréotypes sont aussi bien présents).

En fait le gros problème vient de son personnage principal qui est pénible, Zhuang au delà du fait qu'elle n'est pas franchement cultivée ce qui peut taper sur les nerfs, est aussi fermée d'esprit et vu qu'on suit l'histoire de son point de vue on arrive vite à saturation, je sais bien qu'en Chine niveau libertés ce n'est pas top donc Zhuang n'a pas forcément eu les moyens d'être un peu familière avec les façons occidentales avant d'arriver en Angleterre, je comprends très bien qu'elle soit perturbée, qu'elle trouve certaines choses étranges, mais au bout d'un moment cela devient lourd car elle reste la dessus et n'essaie pas de comprendre, de laisser ses préjugés au placard et de se faire ses propre idées sur la manière de vivre anglaise ou même sur celle des autres pays qu'elle visite ensuite, il y a un fossé au début du livre entre la petite chinoise et les autres et elle ne fait rien pour essayer de le combler, elle balance juste que les anglais sont bizarres, que les français sont arrogants, que les allemands sont ceci, que les néerlandais sont cela... A force je trouvais que Zhuang puait le mépris et qu'elle était vraiment stupide de ne pas profiter de sa chance juste parce qu'elle est infoutue de réfléchir et de remettre en question ses idées reçues.
Comme je ne veux pas me déclencher un ulcère je vais éviter de trop parler de se conception de la vie de couple qui m'a aussi largement gonflée, en gros Madame reste à la maison s'occuper de son lardon et Monsieur bosse comme un acharné parce que tout de même il faut avoir une grande et belle maison... Su-per... Cette cruche a une possibilité de s'émanciper, d'éventuellement avoir une autre situation si elle en a envie, mais non, il faut croire que c'est trop difficile pour elle d'allumer son cerveau...

Quand à son petit-ami anglais, il est aussi bien chiant dans son genre, assez paternaliste, prétentieux, ennuyeux, et comme je le disais il ne songe même pas à questionner Zhuang sur sa culture, sa vie en Chine, etc... Ce n'est pas comme si elle ne connaissait que cela, que cela fait partie d'elle que cela aurait pu les rapprocher et leur permettre de travailler sur les dysfonctionnements que peut créer ce décalage, bin non dans un couple le partage ce n'est pas important après tout... Pffff.

De manière générale je trouve ce titre assez triste et étouffant, à cause de cette "romance" ratée mais aussi pour la nouvelle vie de Zhuang, j'ai eu l'impression que n'était pas heureuse d'être en Europe, ni curieuse, juste perdue et pressée de repartir, j'ai eu l'impression que rien de positif ne se dégageait de son séjour, elle reste la plupart du temps enfermée, n'a pas envie d'explorer, de voir ce que l'Angleterre peut lui offrir, de s'ouvrir sur le monde, et c'est frustrant, parce que plutôt que de se retrouver avec un livre initiatique inspirant on est finalement face à une histoire fadasse et terne qui ne raconte pas grand chose...

J'ai été plus virulente que je ne pensais, mais quelques jours après ma lecture plus j'y repense et moins je suis clémente, à mes yeux l'auteure est passée à côté de son sujet et a foiré ses personnages, et ce n'est ni un bon roman détente ni un bon roman initiatique...
 
 
Ma note :
 

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